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La chanteuse Chris sa métamorphose en

La chanteuse Chris sa métamorphose en « femme phallique » pour un album

La chanteuse Chris sa métamorphose en « femme phallique » pour un album

Elle envoie « Chaleur humaine », un premier album éclatant d’originalité, de modernité. Son art et sa manière engendrent un succès millionnaire, des salles partout en folie. L’engouement. Que dis-je ?, le culte. A peine apparue, sitôt reconnue. Ouah !, s’exclame Madonna, et nous aussi un peu. Après Maurice Chevalier, Edith Piaf et Daft Punk, ce petit génie nantais nommé Héloïse Letissier alias Christine and the Queens, s’impose à l’international.

2018. Christine and the Queens, la célèbre frenchy queer, nous fait l’honneur de revenir sur le minuscule marché français avec son deuxième album, « Chris ». Je me suis trompée, je reprends. Christine and the Queens, rebaptisée pour l’occasion Chris, annonce sur les réseaux sociaux qu’elle change (encore) de pseudo et aussi de coiffeur. Le contenu arrivera bien après le contenant.

Chris : « Je ne vais pas m’excuser d’être féministe »

La si belle réputation de son auteur est entachée par la polémique autour du premier single, « Damn, dis-moi », musicalement basé sur des boucles « empruntées » au logiciel Apple, Logic Pro. Le mot « plagiat » est prononcé, la machine s’enraye sévère, un chat noir traverse la route. L’autre polémique éclate après la mise en ligne du clip « 5 Dollars », dont le scénario est un copier-coller du court-métrage de Ruby Rose, « Break Free ». Comme dit tata Ginette en tombant de sa chaise d’avoir trop bu : « Tu vois pas que c’est la merde ? »

Imagine Jacques Brel revenant vers son public en Jack

Chris se défend comme elle peut, courageusement, un peu sonnée peut-être. Ici, elle affirme en substance que c’est parce qu’elle est une femme qu’on se permet de douter de sa probité (« l’Obs »). Là, que la France a décidément un problème avec le succès (France-Inter). Ce n’est jamais sa faute, alors qu’elle est à l’origine de tout. Parce que Chris focalise sa « promo » sur sa métamorphose en « femme phallique » et sa sexualité de « femme désirante », on oublie qu’il y a un disque à la clef. Il est sexuel mais beaucoup moins chaud-bouillant que son auteur, congelé par des arrangements électro/pop-corn.

Christine and the Queens répond à « l’Obs » : « Je n’ai pas plagié »

Ça ne prend pas. Et si ça ne veut pas, cela n’a rien à voir avec les chats noirs, la jalousie, la calomnie. La France est la terre fertile de la chanson à texte. La France, le pays de Georges Brassens, veut de l’écriture solide et des mélodies limpides. Elle connaît rarement le nom de l’arrangeur, elle se contrefout de la stratégie marketing. Imagine Jacques Brel revenant vers son public en Jack ?

Christine and the Queens avait compris la nécessité de s’inscrire dans la lignée de cette chanson-là. Celle de Brassens, Brel, Ferré, Barbara. Celle de Souchon, Le Forestier, Cabrel, Hardy, Sanson. Celle de Delerm, Cali, Cherhal, Beaupain. En plus dansant, si elle veut. Sur « Chaleur humaine », au milieu de ses propres créations, elle avait eu la malice de glisser une reprise de Christophe, « Paradis perdus ». Et cette référence au passé était de bon augure, rassurante.

Le nouvel album de notre petite Madonna sort le 21 septembre, environ quatre mois après son lancement.

 

La chanteuse Chris sa métamorphose en

 

Sophie Delassein

Marc FICHELLE, créateur et directeur de France Pass TV.

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