The Point Newsletter

Sed ut perspiciatis unde omnis iste natus error.

Follow Point

Begin typing your search above and press return to search. Press Esc to cancel.
Image Alt

La bataille pour « Stairway to Heaven » de Led Zeppelin continue

La bataille pour « Stairway to Heaven » de Led Zeppelin continue

Led Zeppelin reprend le combat de droits d’auteur sur son morceau emblématique « Stairway to Heaven » – cette fois avec des enjeux plus élevés et un obstacle de taille : l’administration Trump

Cette impression de déjà vu, qui s’empare de chacun de nous et de l’industrie de la musique… Cette semaine, les ayants droits de Led Zeppelin sont de retour (en grande forme) devant les tribunaux, au nom de « Stairway to Heaven ». Mais cette fois, les enjeux seraient beaucoup plus élevés.

Après des années de décisions peu claires et de débats plus ou moins fructueux, l’affaire « Stairway to Heaven » – dans laquelle Michael Skidmore, un représentant du groupe Spirit, plus précisément du guitariste Randy Wolfe, accuse Led Zeppelin d’avoir volé le fameux riff de guitare d’une chanson sorti en 1968, « Taurus » – sera portée devant la cour d’appel américaine pour le 9e circuit à San Francisco, dès ce lundi 23 septembre. Alors que les jurés dans l’affaire initiale avaient décidé, en 2016, que « Stairway » n empiétait pas sur le morceau « Taurus », un tribunal du neuvième circuit a ordonné un nouveau procès en 2018, en raison d’erreurs dans le processus. Depuis, le procès a suscité un regain d’intérêt, d’autant plus que le nombre d’affaires de droit d’auteur dans le domaine de la musique a explosé – on pense notamment à « Dark Horse » de Katy Perry et à « Thinking Out Loud » d’Ed Sheeran, dans le genre très médiatisé.

« C’est un acte inhabituel pour une cour d’appel », a déclaré Wesley Lewis, un avocat du cabinet Haynes and Boone, spécialisé dans les affaires de droit d’auteur, à nos confrères américains de Rolling Stone« Cela indique qu’il y a suffisamment d’intérêt dans cette question juridique pour qu’elle puisse aller jusqu’à la Cour suprême. » Lewis note aussi que, bien que l’affaire originale se soit concentrée sur la question de savoir si « Taurus » avait inspiré « Stairway to Heaven », le nouvel angle d’attaque  abordera deux questions plus importantes : la « quantité de données requise pour constituer une œuvre originale et sa protéction » et le rôle que devraient jouer les copies (en dépôt physique) dans la protection du droit d’auteur. « Les enjeux ont maintenant été définis un peu plus précisément », continue Lewis.

« (…) ils essaient tous de s’engager dans le plus grand hold-up artistique de tous les temps »

Francis Malofiy, l’avocat représentant la succession de Wolfe, a également déclaré à Rolling Stone qu’il s’attendait à ce que « tout le monde soit là » lundi : des avocats spécialisés dans le droit d’auteur aux musicologues en passant par les directeurs de labels et auteurs, qui ont publiquement soutenu Led Zeppelin. Chaque camp aura près de 30 minutes pour parler ; Malofiy plaidera de son côté, tandis que les accusés (dont Jimmy Page) prévoient de céder 10 minutes de leur temps imparti au Département de la Justice des États-Unis.

« Les accusés, l’industrie de la musique, les éditeurs, les auteurs-compositeurs aux côtés de Led Zeppelin – ils essaient tous de s’engager dans le plus grand hold-up artistique de tous les temps. Ils essaient de dire que n’importe quel artiste actuel peut voler n’importe quoi dans le passé et le changer ne serait-ce qu’un peu pour que cela passe, et maintenant ils ne peuvent pas être poursuivis en justice » a commenté Malofiy.

Au cours du premier procès Zeppelin-Spirit, un juge avait déclaré devant les jurés que « les éléments musicaux communs, tels que les gammes chromatiques descendantes, les arpèges ou des courtes séquences de trois notes » n’étaient pas protégés par copyright – désormais, le comité du neuvième circuit a tenu à préciser que les notes peuvent en fait être protégées par copyright, si elles sont sélectionnées et disposées de manière originale.

Quelle que soit l’issue de l’affaire Zeppelin-Spirit, elle aura probablement de vastes répercussions, même en dehors de la musique – et c’est pourquoi les avocats de diverses industries suivent cette affaire avec intérêt. « Le neuvième circuit sera forcé de tenir compte de la quantité d’expression nécessaire pour constituer quelque chose qui est protégeable », déclare Lewis. « En musique, on parle une gamme chromatique descendante. Mais il y a des analogies dans toutes sortes de domaines différents – par exemple, dans la conception de logiciels, une ligne spécifique de code peut-elle être protégée par le droit d’auteur ? (…) Les plaideurs espèrent que le nouveau chapitre de cette affaire établira plus de clarté à l’avenir. »

 

Marc FICHELLE, créateur et directeur de France Art TV.

Laissez un commentaire

Ajouter votre commentaire ici