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Georges Benson:La France & le Jazz

Georges Benson:La France & le Jazz

Après cinq années d’absence, George Benson revient avec un album de reprises en hommage à Chuck Berry et Fats Domino. Il sera en concert cet été à l’Olympia le 9 juillet puis aux festivals de Juan les Pins et de Marciac. Rencontre

Comment est venue l’idée de cet album hommage?

C’était une idée de la maison de disques et du producteur. Au départ, j’ai l’ai trouvée un peu étrange. Puis je me suis rappelé à quel point ces deux artistes aux personnalités incroyables étaient populaires, à quel point leurs disques étaient extraordinaires et leurs musiques identifiables. Ils ont fait une musique universelle qui a fait le crossover jusqu’aux radios mainstream. J’ai grandi avec eux. Le plus difficile a été de choisir parmi toutes leurs chansons. Chuck Berry était plutôt rock & roll et blues et Fats Domino avait un feeling de la Nouvelle-Orléans. Mais tous deux racontent des histoires simples auxquelles les gens peuvent s’identifier facilement. C’est cela qui a orienté les choix des titres ; le vrai challenge pour moi par rapport à cette musique qui date des années 50, est d’y mettre mon énergie, mes émotions et ce qu’elle signifie pour moi aujourd’hui.

Quel a été votre premier frisson musical ?

L’album de Charlie Christian avec le Benny Goodman Band, en sextet. Mon beau-père était guitariste et il écoutait cet album en boucle quand il est arrivé à la  maison. J’avais sept ans. Charlie Christian a été mon premier guitar hero.

Y’a t-il un disque de jazz dont vous ne pourriez jamais vous passez?

Just Friends de Charlie Parker. C’est pour moi le meilleur album de jazz de tous les temps !

Vous avez collaboré durant votre carrière avec de grands artistes. Y’a t’il une collaboration en particulier qui vous a marqué?

J’ai adoré travailler avec le guitariste Earl Klugh. Quand il était enfant, il a étudié la guitare classique et il savait qu’à cette époque personne n’allait écouter cette musique-là, alors il a essayé de s’orienter vers le Rhythm and Blues et le rock. Mais, je lui ai conseillé de rester sur la guitare acoustique. Je sentais bien que chaque note qu’il jouait venait de son coeur. Il me disait que personne n’allait vouloir écouter cette musique là et je lui ai répondu  : « Ce n’est pas parce que pour l’instant cela n’a pas été fait que cela ne peut pas être fait ! Si tu arrives à le faire, tu serais le premier et tu auras dix ans d’avance sur tout le monde ! » Et c’est exactement ce qu’il s’est passé !

Pouvez-vous nous parler de votre récente collaboration avec Gorillaz sur Humility ?

C’était une collaboration très différente des autres parce que je n’ai absolument rien compris à ce qu’ils voulaient que je fasse. (rires) Mais ils savaient que je suis quelqu’un de très flexible. Ils ont du entendre quelque chose que je n’ai pas entendu. (rires) J’ai joué sans comprendre vraiment ce qu’ils voulaient, à ma sauce, comme je le sentais. Ils ont écouté et m’ont appelé pour me dire qu’ils adoraient. Et je me suis bien amusé à le faire ! Le monde change tout le temps et de nouvelles choses sortent tous les jours mais il y a des limites à ce que tu peux absorber. Tout ce que je peux absorber, j’essaie d’en faire quelque chose.

Vous venez très régulièrement en France. Vous avez une relation particulière avec notre pays?

Oui, depuis longtemps. Mon demi-frère est né à Marseille. Mon père se trouvait là-bas pendant la guerre et s’est marié avec une femme française. Il est mort il y a juste quelques années. J’ai appris tardivement, à 30 ans, que j’avais un frère, qui de plus ressemblait comme deux gouttes d’eau à mon père. J’ai passé de superbes moments avec lui. Il m’a montré des lettres que mon père lui avait envoyées. Il lui avait écrit qu’il avait un frère aux Etats-Unis qui jouait du jazz et qui était très talentueux. Mon père ne m’avait jamais dit qu’il pensait cela de moi, qu’il était fier de moi. Il n’avait jamais dit de moi que j’étais bon à quoi que ce soit.  Mais il l’avait écrit à mon frère et je crois maintenant qu’il était sincère. En France, vous aimez vraiment le jazz. Vous avez créé dans votre histoire de grands clubs de jazz et produit de la superbe musique. Il y a tellement de musiciens de jazz qui sont venus en France pendant la guerre comme Dexter Gordon. La France aime profondément le jazz et cela me touche beaucoup. Et ce qui m’importe c’est d’aller là où il y a des fans.

Propos recueillis par Alma Rota de Rolling Stone

Marc FICHELLE, créateur et directeur de France Pass TV.

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