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Bob Dylan fait revivre des titres rares en concert – et c’est tant mieux !

Bob Dylan fait revivre des titres rares en concert – et c’est tant mieux !

La légende vivante du folk-rock américain propose des relectures de chansons de « Highway 61 Revisited » qu’il n’a plus rejouées depuis des années

Depuis quelques années, Bob Dylan s’est lancé dans sa Never Ending Tour, une espèce de tournée infinie parcourant le monde sans relâche. Une chance inouïe de voir un mythe de la musique moderne en live, mais qui commence à accuser d’un léger bémol : la setlist. Si les fans pouvaient encore être surpris au milieu des années 2000, depuis 2013, ils sont quasi-assurés d’entendre Things Have Changed en guise d’introduction, suivi par les mêmes titres récités à la note près. Un fan a remarqué que l’artiste a joué Pay in Blood plus de 400 fois depuis la sortie du titre en 2012 – un chiffre encore plus important pour Early Roman Kings, tiré du même album. Avec une setlist aussi rigide, c’est à se demander si le chanteur tente de trouver un sens caché à ses propres chansons, ou de rendre fou le groupe qui le suit en tournée.

Mais on dirait bien que c’est en train de changer. En juillet dernier à Séoul, en Corée du Sud, Dylan a ouvert son live par All Along the Watchtower, titre qu’il n’avait plus joué depuis trois ans. Durant d’autres concerts qui se sont tenus cet été, les fans ont eu la chance d’entendre Gotta Serve Somebody (1979) et When I Paint My Masterpiece (1971), deux titres sortis de la setlist depuis sept ans.

Mais c’est au terme d’une série de dix-sept concerts donnés d’affilée, qui s’est achevée le 27 août dernier à Christchurch en Nouvelle-Zélande, qu’il réserva les plus grosses surprises à ses fans, en jouant Like a Rolling Stone (joué une seule et unique fois en cinq ans) et It Takes a Lot to Laugh, It Takes a Train to Cry, morceau rarissime entendu pour la dernière fois en 2005. Deux classiques de l’album Highway 61 Revisited, enregistrés le même jour, en juin 1965 – du pain béni pour les fans qui ont témoigné de leur joie sur le site Expecting Rain (site web dédié au chanteur). Si aucun enregistrement n’a pour le moment filtré, des témoins affirment que Dylan a tout simplement réinventé Like a Rolling Stone ; un fan décrit notamment « de superbes arrangements, dont un passage très lent durant lequel [Tony Garnier, bassiste] fait plier sa contrebasse. »

L’autre titre, It Takes a Lot to Laugh, existe depuis 1965, lorsqu’il le joua durant son légendaire concert au Newport Folk Festival la même année, alors qu’elle s’appelait encore Phantom Engineer. En retouchant les arrangements lors des sessions d’enregistrement de Highway 61, Dylan en fit une de ses plus grandes blues songs (classée 61ème au Top 100 des plus grands titres de Bob Dylan d’après Rolling Stone US). Quelques fans chanceux purent entendre une version très réussi du titre le 30 juin 1999 au Madison Square Garden à New York, lorsque Dylan rejoignit Eric Clapton lors d’un concert caritatif organisé par ce dernier pour son centre de réhabilitation. Une version upbeat, plus rapide, durant laquelle les deux guitaristes semblent s’amuser comme des fous.

Des changements dans la setlist de Bob Dylan qui prouvent bien qu’il cherche encore et toujours à prouver quelque chose en jouant live. « Ce n’est pas en studio que les chansons prennent vie, » expliquait-il à Mikal Gilmore en 2012, lors d’un entretien accordé à Rolling Stone US. « Tu as beau faire de ton mieux, il manquera toujours quelque chose. Et ce quelque chose, c’est un public. » De quoi nourrir quelques espoirs pour le reste de la tournée, qui reprend les routes américaines dès le 4 octobre prochain avec une date à Phoenix, en Arizona. Les fans pourraient enfin avoir droit à de la nouveauté. Ou peut-être va-t-il prendre tout le monde à contrepied et reprendre la setlist originale. Ce qui est sûr, c’est qu’il se moque bien de ce que préfèrerait le public.

La rédaction

 

Marc FICHELLE, créateur et directeur de France Art TV.

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