Éternel Petit Prince

LE PETIT PRINCE

 

Les contes pour enfant nous marquent pour la vie. Pour preuve, on prend un réel plaisir à les redécouvrir sur scène ou au cinéma, faignant de ne pas y toucher ou prétextant d’accompagner sa nièce qui nous tanne avec ça depuis trois semaines. Que se passe-t-il au fond ? La nostalgie qui nous submerge ? Sans doute un peu de cela. La volonté de faire croquer une madeleine de Proust, de revivre des frissons oubliés ? Très certainement. Mais il y a conte et conte, et celui de Saint-Exupéry tient une place toute particulière dans notre imaginaire comme dans la construction d’adulte à peu près fréquentable que nous tentons de devenir. A tous les profs de philo qui chaque année s’arrachent les cheveux pour choisir l’œuvre pouvant ouvrir leur âpre discipline à des lycéens dissipés, je ne pourrais conseiller meilleur ouvrage.

L’auteur aimait les aventures en solitaire, en connaissait les angoisses et les moments d’introspection. Le Petit Prince dit avec la plus grande simplicité et la plus émouvante pureté bien des choses sur le deuil, le sens de la vie et cette hiérarchie qu’il est si facile de perdre totalement de vue, du plus précieux au futile et au matériel. Voilà, nous touchons au but, nous touchons au cœur de la réussite de ce spectacle. François Ha Van colle au texte, avant toute autre considération ou décision qu’il se serait empressé d’inscrire de manière péremptoire dans sa note d’intention. Un texte n’appelant jamais la recherche d’effets ou la grandiloquence. Une écriture et un propos qui exigent de raison garder pour mieux la perdre au moment où la vie nous file entre les doigts comme le sable du désert.

Alors le metteur en scène décide de mettre son équipe -comédiens et techniciens- à contribution. Chacun apportera sa pierre à l’édifice d’une scénographie maline et délicate. Alliée au jeu inspiré et ému des trois interprètes, cette scénographie du symbole et de l’humilité nous mènera jusqu’au bord du vide, au bord de nous-même, à cet endroit précis où l’on comprend dans une douce peine que les choses et les hommes s’en vont pour ne plus s’en revenir. Hoël, Matthieu et Guillaume, tels sont leurs prénoms, mettent la salle et nos émotions en apesanteur et lorsqu’ils nous laisseront atterrir, ce ne sera que les larmes aux yeux et emplis du regret que le voyage saharien et en nos cœurs s’achève si tôt.

Pour prolonger quelques instants encore ce mélancolique état de grâce, David Fargier alias Vents d’Orage a souhaité que François et Hoël nous parlent de ce livre refuge et de leur envie de le partager sur scène. Ecoutons-les :

Le pitch : Un avion tombe dans le Sahara. L’aviateur rencontre alors un enfant venu des étoiles, qui engage la conversation…

A travers le récit de son voyage, de sa Planète aussi petite qu’une maison à son arrivée sur la Terre, le Petit Prince livre à son nouvel ami sa vision du monde, des grandes personnes, mais aussi son interprétation des choses essentielles de la vie : l’amitié, l’amour, la rencontre, la perte…

Le Petit Prince traverse avec émotion et fraîcheur les grandes questions qui hantent la vie humaine. Tous les âges y trouvent leur compte, embarquez avec nos 2 comédiens, et les musiques envoûtantes de la guitare en live…

Teaser vidéo

Le Petit Prince

Auteur : Antoine de Saint-Exupéry

Mise en scène : François Ha Van

Avec : Hoël Le Corre, Matthieu Madeleine et Guillaume Aufaure

Jusqu’au 27 février 2019, le samedi à 15h00

Studio Hébertot

78bis boulevard des Batignolles

75017 Paris

Réservations

 

David Fargier alias Vents d’Orage